Co-emploi ou coemploi ?
14/06/2016N. BORTKO

Le préfixe « co », du latin cum, qui signifie avec, indique « l’association, la participation, la simultanéité.  » L’idée de partage des responsabilités et de condition commune se reflète à travers ce préfixe.     

Si certains écrivent la notion sans trait d’union, sa présence est-elle a fortiori superfétatoire ?

« Le trait d’union, comme son nom l’indique, est un signe de ponctuation qui sert à relier deux éléments, auparavant disjoints, pour qu’ils ne forment plus qu’une seule entité linguistique. Dans la longue histoire des mots, la liaison par un trait d’union suit généralement la simple juxtaposition et précède la soudure . » L’écriture avec trait d’union permettrait l’écriture sans trait d’union dans l’avenir. Comme, par exemple, « dans Le Voyage de La Pérouse autour du monde (1797) le terme portefeuille encore écrit en deux mots (« le porte feuille de ce peintre »), alors que, depuis 1718, l’Académie française écrivait porte-feuille dans son Dictionnaire, ce qui montre que les deux graphies ont longtemps cohabité. La forme soudée portefeuille entrera dans ce même Dictionnaire en 1835 . » Cela laisse supposer que le trait d’union devrait être abandonné au fil du temps. Il peut donc apparaître superflu de l’écrire avec un trait d’union.

Mais, le trait d’union a une utilité. Il permet de « relier deux éléments qui conservent chacun leur autonomie : Le train Paris-Granville [par exemple]. C’est le trait d’union qui est aussi utilisé pour signaler la coupure d’un mot en fin de ligne.  » Ce n’est pas le cas en l’espèce, le préfixe co accompagné du trait d’union servent à créer un néologisme, une nouvelle idée, un nouveau mot.

Alors co-emploi ou coemploi ? Etant donné les deux orthographes utilisées par les greffiers et la doctrine, il va falloir trancher et constater que, en principe, ce préfixe se construit sans trait d’union qui est jugé inutile. Il conviendra par conséquent d’écrire par la suite le coemploi sans trait d’union car celui-ci devrait disparaître à l’avenir.

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