DAGNIAUX ou David contre Goliath.
30/10/2015BORTKO Nicolas

Mais, c’était sans compter le lancement de la marque « DANIO » en janvier 2014 par le géant Danone. Le nom qui porte forcément à confusion est de surcroit déposé dans la catégorie des produits lactés mais aussi des produits glacés. Cette marque n’est pourtant pas nouvelle puisque déposée en 1997, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie ou encore la Finlande connaissent DANIO depuis 2011. Convaincu du préjudice, le patron de DAGNIAUX décide d’engager un combat judiciaire, bien évidemment inégal, contre le géant de l’agroalimentaire. Dès juin 2014, il adresse une lettre au géant du yaourt pour réclamer le retrait de DANIO de la catégorie des produits glacés du registre de l’INPI. La réponse fut sans appel, il n’y aurait pas, selon DANONE, de ressemblance phonétique, considérant « Glacier Dagniaux » bien éloigné de « Danio », subtile ! Désireux de ne pas se laisser faire, DAGNIAUX enregistre le 30 juillet 2014 la marque « DANAUNE » dans la catégorie produits glacés. Quelle erreur ! Cette provocation va lui couter chère très chère. Un mois plus tard, le glacier roubaisien assigne à son tour DANONE en contrefaçon à la différence qu’il n’est évidemment pas aussi bien entouré que son concurrent. Malheureusement, l’affaire s’ébruite et va inévitablement engendrer l’effondrement des ventes, notamment à Noël, lorsque les centrales d’achat de la grande distribution décident de ne plus référencer la marque DAGNIAUX au profit du nouveau DANIO. Les chiffres sont frappants : 137.000 bûches en moins vendues soit une perte de sèche de 40% de la production. Il n’en fallait pas plus pour perdre également le soutien des banques. La pilule est d’autant plus difficile à digérer que, DANIO serait la deuxième innovation la plus performante de l’année 2014. Une baisse des ventes et des frais d’avocats exorbitants n’ont fait que fragiliser davantage la société. Le dépôt de bilan était alors inévitable. Le 5 août 2015, le Tribunal de commerce de DOUAI ouvre une procédure de redressement judiciaire, Maître Jean Luc MERCIER est désigné administrateur judiciaire et Maître Dominique MIQUEL, mandataire judiciaire. Pour éviter la liquidation judiciaire, DAGNIAUX avait jusqu’au 9 octobre pour retrouver un repreneur, un sixième donc ! Nouvel échec, le 21 octobre 2015, une procédure de liquidation judiciaire est ouverte Heureusement, lors de la fusion, Monsieur Van de Velde n’a pas confondu la société roubaisienne avec le glacier cambrésien Ruiz et ses 45 salariés seront épargnés mais quel sera le sort des 22 salariés DAGNIAUX. ? Monsieur BORTKO Nicolas Chargé de TD à l'Université Cathollique de Lille, Doctorant.
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