La cession de FRAM.
19/11/2015BORTKO Nicolas

Il y a tout d’abord la perte du pouvoir d’achat des français qui n’ont plus les moyens de se consacrer aux loisirs. Mais la crise n’explique pas tout. Spécialiste du bassin méditerranéen, (la Tunisie, le Maghreb et l'Egypte représentaient 40% des ventes), le voyagiste a subi de plein fouet le printemps arabe de 2010. FRAM n’a également pas su se moderniser en n’étant pas assez visible sur le web. Les voyages proposés sous forme de package (tout inclus) ne correspondent plus à la demande. Le dépôt de bilan était alors inévitable. Depuis, les difficultés financières l’ont d’abord poussé à vendre beaucoup d’actifs notamment des biens immobiliers basés principalement en Espagne, au Maroc et en Tunisie. Certains iront jusqu’à dire que ces biens auraient été bradés ! Son chiffre d’affaires aurait reculé de 8% l’an dernier. La solution qui a été proposé: une cession. Avant de déposer le bilan, la cession au groupe luxembourgeois HNA Group Europ, en partenariat avec le réseau français d’agences Sélectour Afat, avait été envisagée. Mais, le retrait de l’offre le 19 octobre 2015 a conduit le voyagiste toulousain devant le Tribunal de commerce. Puis, c’est au tour du groupe français KARAVEL-PROMOVACANCES, spécialiste du voyage sur internet depuis une quinzaine d’année qui se propose de racheter FRAM mais à condition de passer par une cessation de paiement pour faciliter la reprise. KARAVEL a été créé en 2000 par l'ancien PDG d'Air France, Christian Blanc, qui rachète un an plus tard PROMOVACANCES. Spécialisé dans la vente de séjours sur internet, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 373 millions d’euros en 2014. Chaque année environ 600.000 touristes voyagent grâce au groupe. Il est le spécialiste du voyage low cost sur internet, ce qui fait d’ailleurs défaut à FRAM. C’est un connaisseur des reprises d’entreprises puisqu’en 2008, il avait déjà racheté PARTIR PAS CHER alors que sa dette s’élevait à 23 millions d’euros alors que celui de FRAM s’élèverait lui à 14 millions d’euros. Un an plus tard, c’est ECOTOUR qui est racheté. KARAVEL exploite déjà une douzaine de marque dont le numéro 1 français de la vente de croisières en ligne, ABC Croisières, ou encore TATI Vacances. Il doublerait de taille avec le rachat de FRAM. Le rachat permettrait pour le groupe de bénéficier de l’image de marque de FRAM, de ses clients fidèles. Mais, cela permettrait surtout à KARAVEL de monter en gamme. Mais de nombreux problèmes découlent du dépôt de bilan de FRAM. En effet, de nombreuses entreprises dépendent de FRAM, notamment Air Méditerranéenne qui risquent de voir le nombre de vol fortement réduits. Selon le Syndicat des agences de voyages, les vacances des clients seront «assurées» dans tous les cas. Le redressement judiciaire n’aura donc aucune incidence pour eux. Il faut souligner que KARAVEL prévoit de reprendre 77 % des effectifs, soit un total de 356 CDI et 137 «contrats non permanents» sur un total de 651 salariés. Pour cela, le groupe avait annoncé un rachat pour 30 millions d'euros mais sous la pression de BERCY, le montant s’élèverait aujourd’hui à 50 millions d’euros. Le rachat a lieu dans le cadre d’un prepack cession, nouveauté de l’Ordonnance du 12 mars 2014. L’objectif était de négocier la cession en amont de l’ouverture du redressement judiciaire afin de gagner un maximum de temps pour la finaliser dans le cadre de la procédure. Le Tribunal de commerce de Toulouse a désigné Christian CAVIGLIOLI en qualité d’administrateur judiciaire. La première période d’observation de 6 mois a été ouverte jusqu’au 29 avril 2016. Il ne reste plus qu’à attendre la réponse du Tribunal concernant cette offre de reprise
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