La faillite évitée pour le géant des énergies renouvelables ABENGOA.
23/09/2016N. BORTKO

L’espagnol ABENGOA est un industriel et technologique incontournable du secteur énergétique. On a tous en tête l’image de ses champs de panneaux solaires dans le désert marocain. Son siège, situé à Séville depuis 2009, abrite à lui seul environ 3.000 salariés sur les 7.000 présents en Espagne. Il compterait en 2015 près de 28.700 employés à travers le monde.

Créée en 1941, ABENGOA se développe à l’international dans les années 1960 où son chiffre d’affaires avoisine les 30 millions d’euros. La société est présente alors dans plus de 70 pays et se fait notamment connaitre grâce aux grandes centrales solaires. Il devient d’ailleurs le leader mondial du thermosolaire via sa filiale Abengoa Solar.

Mais, le géant vert, très présent en Amérique du sud, subit de plein fouet la crise économique du Brésil et la chute des prix du pétrole, qui rend moins attrayants les investissements dans les énergies renouvelables. Le 25 novembre 2015, le groupe se déclare en défaut de paiement. KPMG est alors mandaté par un groupe de sept banques espagnoles, une banque anglaise (HSBC)  et une banque française (Crédit Agricole) pour faire un audit complet des comptes d’ABENGOA et de ses filiales.

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Il s’agirait là de la plus grosse faillite de l’histoire d’Espagne. En effet, le passif est collossal. Il serait supérieur à 25 milliards d’euros et sa dette financière avoisinerait les 9 milliards d’euros alors que son chiffre d’affaires atteint difficilement les 6 milliards en 2015. Cette année s’est d’ailleurs terminée par une perte nette de 1,2 milliards d’euros. L’Etat espagnol qui  aurait déjà une créance à hauteur de 400 millions d’euros a prévenu le 4 décembre 2015 qu'il n’injecterait pas davantage d’argent pour sauver le groupe. En basant sa croissance sur l’endettement sur le long terme, ABENGOA a donc dû négocier une restructuration de sa dette avec ses créanciers.

Le 11 août 2016, un accord définitif est trouvé avec ses créanciers et dix fonds d’investissement. Il prévoit  un apport de 1,1 milliard d’euros, dont 650 millions d’euros de nouveaux prêts.

Il faut préciser que pour arriver à cet accord, ABENGOA a été obligé de faire des concessions : vente de plusieurs actifs, abandon de projets et licenciements. Depuis le début d’année, le nombre de salariés est passé de 28.700 à 17.000. Fils du fondateur, Felipe Benjumea[] ne sera plus Président. L'ensemble des actionnaires actuels, et notamment la famille Benjumea ne disposera plus que de 5 % du capital. []A terme, les banques et les fonds spéculatifs devraient a fortiori en prendre le contrôle. L’objectif est de renforcer l’indépendance de la société par rapport à son  principal actionnaire, Inversion Corporativa, la société de la famille Benjumea,

La nomination d'Antonio FORNIELES, spécialiste de l'audit d'entreprise, devrait rassurer les banques. ABENGOA a jusqu'au 28 octobre pour restructurer sa dette, l'accord devant être ratifié par 75 % des créanciers, validé par les actionnaires et la justice, si elle veut éviter la faillite.

 

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