Le redressement d’ALTIS : une cession sous surveillance (Soinnejuris n°65814).
30/08/2016N. BORTKO

Administrateur judiciaire : 

Maître Christophe Thévenot

42 Rue de Lisbonne

75008 PARIS

 

Administrateur judiciaire : 

Maître Tulier-Polge Florence

Rue René CASSIN

IMMEUBLE LE MAZIER

91000 PARIS

 

Créé à la suite du désengagement des groupes IBM et Infineon du site de Corbeil-Essonnes en 2010, le site, racheté par l'ancien Commissaire à la diversité Yazid Sabeg, avec le soutien de l'industriel Serge Dassault et Qatari Diar, filiale du fonds souverain de l'émirat du Qatar, ALTIS n'a jamais réussi à trouver sa place sur un marché international très concurrentiel. Déjà à cette époque, environ 350 emplois furent supprimés dans le cadre d’un plan négocié.

Depuis, l’entreprise était devenue très dépendante d’un seul client, GlobalFoundries, dont la charge ne cessait de baisser.

Trois ans après la cession, le chiffre d’affaires chute de 60 % et ses pertes cumulées s’élèvent à 174 millions d'euros. Mais, la faillite est évitée grâce à un accord conclu entre ses banques d’investissement et l’Etat.

Son redressement judicaire sera finalement prononcé le jeudi 4 août 2016 par le Tribunal de commerce de Paris suite au retrait de l’offre de reprise de l’allemand X-FAB.

L’offre datait du 8 juin. Mais, après avoir découvert qu’ALTIS devait encore régler près de deux millions d’euros d’honoraires à ces banques d’investissement, l’allemand avait perdu confiance et avait retiré son offre

Deux mois plus tard, un autre repreneur, SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation), un important fondeur chinois coté à Hongkong et à New-York, se manifeste. Mais le juge commercial ne retient pas sa candidature jugée insuffisante.

 La cession se fera dès lors dans le cadre du redressement judiciaire sous la surveillance d’un mandataire judiciaire. Ceci devrait permettre plus de transparence.

 Dans ces conditions, l’allemand décide alors de maintenir son offre. X-FAB, qui réalise 330 millions d’euros de chiffre d’affaires, proposerait de reprendre l’ensemble des salariés soit environ 1.000 et prévoirait d’investir 100 millions d’euros sur dix ans dont 30 dans l’immédiat. L’entreprise souhaiterait en contrepartie qu'Altis abandonne les 70 millions de créances de l'Etat et que ses deux actionnaires ne conservent chacun que 2,5% d’ALTIS. L’entreprise allemande travaille en plus avec certains fournisseurs d’Altis, ce qui devrait permettre d’assurer un retour rapide de la confiance.

En face, l’entreprise chinoise est le cinquième acteur mondial du marché des semi-conducteurs, avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros. Mais, aucune offre formelle n’aurait à ce jour été formulée. Il ne s’agirait que de discussions.

L’offre allemande semble pour l’instant privilégiée étant donné qu’elle garantit l’emploi en France et renforce l’investissement.

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