Le redressement judiciaire de Bata (Soinnejuris n°64987).
25/02/2016N. BORTKO

L'administrateur judiciaire Maître Hélène BOURBOULOUX a fixé au 9 mars la date de dépôt des offres de reprise. Plusieurs pistes sont d’ores-et-déjà à l’étude en vue de l’adoption d’un plan de continuation, la première, une gamme de chaussures étendue notamment dans le domaine du sport, la seconde, le recours à des partenaires extérieurs. L’entrée dans le capital de la société de partenaires extérieurs permettrait à Bata d’obtenir de l’argent frais pour changer d’enseigne en vue d’attirer de nouveaux clients. Crée en 1894, la société Bata a connu de nombreuses péripéties. Le fondateur d’origine tchèque Thomas Bata, avait dû émigrer au Canada pour fuir le nazisme dans les années 1930. Dans les années 1980, Bata comptait pas moins de 450 magasins mais avec l’essor d’internet et des concurrents tels les sites Zalando ou Sarenza, mais aussi des enseignes d'habillement comme Zara ou H&M, qui ont cassé les prix dans les collections de chaussures, et le repli de la consommation des chaussures-habillement, Bata n’a pas su se renouveler et connait de grandes difficultés financières. Le 26 novembre 2014, Bata dépose le bilan puis est dépecée le 16 février 2015 suivant le plan de cession suivant : après l'apurement de son passif estimé à 40 millions d'euros, 40 magasins sont fermés sur 136, 18 ont été récupérés par Courir, 6 par Etam et 7 par l'ex-patron de Bata France, Monsieur François Le Ménahèze. Ce dernier créé alors ABC Chaussures obtenant de son ancien employeur à la fois le droit d'utiliser la marque Bata et un prêt de 10 millions d'euros sur cinq ans. Monsieur Le Ménahèze espérait, grâce à la rénovation de ses magasins, porter les ventes de 42 millions d’euros en 2015 à 71 millions d’ici à 2020. Or, de février à décembre 2015, le chiffre d’affaires s’est élevé à seulement 31,8 millions d’euros. Même si le début correspondait aux prévisionnels, l’automne trop doux a empêché la marque de vendre ses chaussures d’hiver sur lesquelles les marges sont les plus élevées, et, les attentats du Bataclan ont engendré une chute de la fréquentation, donc des ventes. Il faut tout de même se rassurer la direction précise que les salaires de l'ensemble des employés sont sécurisés et seront payés sans recours aux AGS. Il ne nous reste donc plus qu’à attendre le 9 mars pour savoir s’il y a d’éventuel repreneur mais il est fort probable que la période d’observation soit prolongée.
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