Le redressement judiciaire du groupe Sotralentz (Soinnejuris n°65907).
18/10/2016N. BORTKO

Le groupe alsacien de métallurgie et de chaudronnerie, Sotralentz, présent en Allemagne, Espagne, Pologne et Roumanie, emploie près de 1.100 salariés en Europe dont 600 en France, à Drulingen, dans le Bas-Rhin. En 2015, Sotralentz a réalisé 276 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Les problèmes commencent en 2008 avec la crise des subprimes, la baisse du prix du fer et la chute des cours du pétrole. Les salariés de Sécofab, une des filiales de Sotralentz, avaient connus, en 2013, six mois de chômage partiel et offerts leurs jours de congés à la direction sur la base du volontariat.

Les salariés ne comprennent pourtant pas pourquoi la société est en faillite. Les carnets de commandes sont en effet tous pleins. La situation peut paraitre paradoxale. En réalité, les difficultés résulteraient de "conditions de paiement imposées par la nouvelle direction d'un fournisseur, lui-même en proie à des tensions internes". Ce fournisseur historique a imposé une réduction de ses délais de paiement qui "ont dégradé significativement l'équilibre financier du groupe Sotralentz au point de le fragiliser", selon le communiqué.

La direction du groupe sollicite la protection du tribunal le lundi 19 septembre.

Pendant ce temps-là, une filiale du groupe Sotralentz, la SFAR, spécialisée dans l'usinage de précision de pièces mécaniques de grandes dimensions, est quant à elle placée en liquidation judiciaire le 16 septembre après l’échec de la procédure de sauvegarde ouverte le 19 mai 2016 et l’échec de la procédure de redressement judiciaire ouverte le 30 juin.

Finalement, vu l’absence d’accord avec le fournisseur, le Tribunal de commerce de Strasbourg, le 28 septembre, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre des cinq filiales du groupe : Sotralentz Packaging (cuves et conteneurs en plastique), Sotralentz Construction (armatures métallique pour le béton armé), SMI (chaudronnerie industrielle), Sotralentz SA (administration) et Sécofab (crémaillères).  Une période de 6 mois est ouverte. La société serait en cessation des paiements depuis le 8 septembre.

720 emplois sont en jeu en France.

Une audience est prévue pour le 21 novembre pour déterminer le sort de Sotralentz.

 

 

 

 

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