Les rouages sont bloqués dans l’horlogerie française - Péquignet est placé en liquidation judiciaire (Soinnejuris n°66034).
09/12/2016(BAUDENS Simon, étudiant à l'Université Catholique de Lille, M2 Droit Comptable et Financier sous la direction de M OLZAK Eric).

Baudelaire écrivait dans les Fleurs du Mal : « Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : “Souviens-toi” ! ». Jamais ces mots n’auront eu autant de sens puisque le monde de l’horlogerie française voit un de ses derniers fleurons placé en liquidation judiciaire.

Péquignet, marque éponymique créée en 1973, connue pour le mécanisme « Calibre Royal » composé de 298 pièces, n’aura pas résisté à la baisse du chiffre d’affaires, qui serait, selon la direction, de l’ordre de 30 à 40% ces dernières années. Cette dégradation de l’activité n’est pas exclusive à cette marque, le groupe Richemont, réunissant les maisons Carier, Mont Blanc ou encore Van Cleef et Arpels accuse lui aussi une baisse de bénéfice de près de 45% au premier semestre 2016. Les raisons ? Les attentats, la baisse de l’activité touristique en France et surtout la baisse de la demande chinoise.

Mais plus profondes, les difficultés sont anciennes et apparaissent comme structurelles. En effet, le luxe français semble impacter par la lourdeur du coût social à la française. Chez Pequignet, sur 100 euros de chiffre d’affaires, plus de 55 étaient dépensés en main d’oeuvre.

D’ailleurs, la société avait déjà été placée en redressement judiciaire le 5 novembre 2012 et avait fait l’objet, par la suite, d’un plan d’apurement du passif par voie de continuation. Le passif alors arrêté s’élevait à plus de 7 millions d’euros.

Aujourd’hui, la société se trouve à nouveau en situation de cessation des paiements et ne peut supporter le paiement des dividendes du plan de redressement. Le Tribunal de Besançon a prononcé un jugement de liquidation judiciaire avec poursuite d’activité autorisée de 3 mois, laissant la possibilité à la direction et aux organes de la procédure de trouver un repreneur jusqu’au 8 février 2017, pour sauver les 42 emplois.

 

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