Primera Air : une nouvelle compagnie aérienne en faillite.

05/10/2018
Chargé d'enseignement à l'Université catholique de Lille, Doctorant.
N. BORTKO
(Chargé d'enseignement à l'Université catholique de Lille, Doctorant.)

Après Air Méditerranée, le 15 février 2016, après Air Berlin, le 1er novembre 2017, c’est au tour de la compagnie low cost danoise Primera Air de faire faillite. La compagnie se voulait pourtant rassurante. Le 20 septembre dernier, elle annonçait qu’elle allait augmenter le nombre de vols à destination de New York afin de répondre au succès rencontré depuis quelques mois. Ces nouvelles liaisons, prévues pour 2019, auraient permis à la compagnie d’atteindre 2 millions de passagers annuels. Quinze jours plus tard, le 2 octobre, cela n’a pas empêché le dépôt de bilan, laissant ainsi plusieurs milliers de voyageurs sur le tarmac.

Il faut noter qu’en 2017, selon l'Association européenne des agences de voyages, plus de d’un million de passagers ont été victimes des frais de faillite notamment par Monarch, Air Berlin et Niki.

La compagnie, basée à Copenhague, s'était d'abord spécialisée dans les vols charters vers les pays européens ensoleillés. Mais en mai dernier, elle avait tenté de se positionner sur les vols long-courrier low-cost en proposant des Paris-New York à 99 euros l'aller. Pour assurer ces liaisons longue-distance, la compagnie avait misé sur des A321neo et espérait être la première à exploiter l'A321LR (long range).

Mais après cinq mois d’aventure transatlantique, la compagnie rencontre des difficultés qui lui coûtent chers, très chers : une réparation imprévue d'un appareil en 2017, pour 10 millions d'euros, et des surcoûts d'affrètement liés à la livraison retardée de ses premiers Airbus A321 en 2018, pour 20 millions d'euros. Enfin, l’absence de négociations favorables avec sa banque l’a donc conduit à déclarer sa cessation des paiements. Il est facile de comprendre que la compagnie ne disposait pas d’une assise financière suffisante pour se lancer dans un tel projet. Il faut savoir qu’en France, la règlementation oblige toute compagnie aérienne opérant des avions de plus de 19 sièges, à offrir les garanties financières nécessaires pour « faire face à ses obligations actuelles et potentielles pendant un délai de 24 mois » et à pouvoir assumer, pendant une période de trois mois minimums, ses frais fixes et ses dépenses d'exploitation. Manifestement, ce n’était pas le cas de Primera Air. Mais, est-ce un cas isolé ? Peu-ton craindre au dépôt de bilan d’autre compagnie aérienne européenne ?

Depuis quelque temps, plusieurs compagnies low cost, à court de trésorerie, sont à la recherche de refinancement ou de repreneurs. C'est notamment le cas du leader des vols low cost long-courriers, Norwegian, qui a annoncé son intention de revendre une partie des avions commandés. XL Airways et Corsair sont toutes deux à la recherche d'investisseurs. Alors pourquoi ces difficultés ?

La hausse du prix du carburant depuis le début d’année réduit la marge des compagnies aériennes qui sont, dans le même temps, de plus en plus à offrir des sièges sur le marché du low cost. La guerre des prix fait rage, seules les compagnies ayant une trésorerie solide pourront donc y survivre.

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