Recherche d’un repreneur pour le magazine “Causette”.

12/02/2018
Chargé d'enseignement à l'Université catholique de Lille, Doctorant.
N. BORTKO
(Chargé d'enseignement à l'Université catholique de Lille, Doctorant.)

Après, France-Soir, Nice-Matin, ou encore Moto Magazine, c’est au tour de la société Gynéthic, éditrice du magazine Causette d’être placée en liquidation judiciaire le 9 janvier dernier par le TC de PARIS. L’activité du journal et le paiement de sa vingtaine de salariés restera possible jusqu’au 28 février grâce à un appel aux dons lancé en octobre 2017.

Ce délai de deux mois devrait permettre au Tribunal d’étudier les potentielles offres de rachat. Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 22 janvier pour se manifester et déposer une offre sérieuse auprès du tribunal. L’actuel gérant, Monsieur Lassus-Débat, aurait déjà consulté cinq candidats selon le magazine Challenges.

Lancé en 2009, à la veille de la journée internationale du droit des femmes, Causette a su se démarquer des autres magazines féminins grâce à son slogan plutôt prometteur, « le magazine plus féminin du cerveau que du capiton ». Mais les ennuis commencent en 2014 avec le départ d’une grande partie de la direction suite à des dissensions dans la rédaction. L’absence de paiement du treizième mois et les problèmes de comptabilité n’est pas non plus étrangère au dépôt de bilan de Causette. Mais ce n’est pas tout, des faits de harcèlement moral ou de licenciements abusifs amènent la direction du journal régulièrement aux prud’hommes depuis trois ans.

Les difficultés d’ordre structurelles notamment au niveau de la gouvernance auraient conduit en partie le magazine devant le Tribunal de commerce. Mais, la perte de nombreux salariés depuis 2014, les pertes à hauteur de 60.000 € suite aux erreurs comptables et aux coûts résultant des différents conflits sociaux ne pouvaient que conduire à la perte de Causette. Cela s’est aussitôt ressenti dans les chiffres. Entre juillet 2016 et juin 2017, le chiffre de vente aurait ainsi baisser de 12% alors que le magazine ne tire de la publicité que 4% de ses revenus, ce qui est dérisoire en comparaison de ses concurrents tels que ELLE ou encore MARIE-CLAIRE.

Le repreneur devra alors restructurer en profondeur ce magazine qui a su se démarquer par sa ligne éditoriale mais qui s’est effondré par des querelles d’égo au sein de la direction.

Share on FacebookShare on TwitterShare on LinkedIn