Take eat easy : un redressement judiciaire qui va faire des vagues dans le monde du travail.
30/08/2016N. BORTKO

Mardi 26 juillet 2016, coup de massue pour les coursiers de Take Eat Easy, l’entreprise est placée sous la protection du Tribunal de commerce. Une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre. Les coursiers l’apprennent pour la plupart dans les journaux ou sur facebook. Alors que s’est-il passé ?

Lancé en septembre 2013 à Bruxelles, et implanté dans près de 50 villes en Europe, Take Eat Easy avait réussi à trouver sa place dans le marché très agressif de la livraison de repas à vélo, face à l'allemand Foodora et à l'anglais Deliveroo.

La co-fondatrice explique que leurs revenus ne couvrent pas encore leurs coûts et que la tentative de troisième levée de fonds, pour un investissement de 30 millions d’euros a échoué après 3 mois de discussions.

Ainsi malgré une croissance mensuelle atteignant les 30 %, le million de commandes, les 350.000 clients et plus de 3.200 restaurants partenaires, la concurrence est rude et a eu raison de Take eat easy qui devrait se faire racheter justement par l’un de ses concurrents. La liquidation judiciaire ne semble pour l’instant pas envisagée.

Près de 4.500 coursiers auto-entrepreneurs français travaillaient pour Take eat easy. Rappelons que ce statut est très avantageux. En effet, aucun contrat de travail donc aucune procédure particulière pour se séparer d’un coursier, aucune charge donc pas de cotisations sociales et aucune garantie en cas d’impayés sont autant d’avantages que le client Take eat easy a su tirer parti.

C’est la raison pour laquelle les courisers se sont regroupé en un groupe informel "le collectif coursier francilien". Leur but sera d’agir en justice pour obtenir la requalification de leur relation commerciale avec Take Eat Easy en contrat de travail, et bénéficier ainsi de la protection du statut de salarié. L’entreprise belge risque fort de devenir le symbole du travail précaire à l’image de l’entreprise uber et ses chauffeurs indépendants.

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