Une semaine cruciale pour le monde du jouet : les cas Toys’R’Us et La Grande Récré.

12/09/2018
Chargé d'enseignement à l'Université catholique de Lille, Doctorant.
N. BORTKO
(Chargé d'enseignement à l'Université catholique de Lille, Doctorant.)

L’année 2018 a été lourde de conséquences dans le monde du jouet avec la mise en redressement judiciaire de deux enseignes internationales : La Grande Récré et Toys R Us. Le Tribunal de commerce de Paris a décidé d'une dernière audience le 20 septembre pour délibérer sur le sort de La Grande Récré, début octobre pour Toys’R’Us. Il faut aller vite. La plupart des grands magasins sont passe en ce moment leur commande pour Noël.

On sait que plusieurs offres de reprise ont été déposé notamment par la Fnac Darty qui souhaite se diversifier davantage après la fermeture des magasins Fnac Eveil et Jeux en rachetant La Grande Récré.

Mais c’est sans compter l’offre de reprise de la Financière Immobilière Bordelaire (FIB) qui apporterait à Jean-Michel Grunberg, patron de La Grande Récré les 30 millions d'euros dont il a besoin pour le plan de continuation de sa chaîne de magasins de jouets. Notons que la FIB appartient à Michel Ohayon qui détient 2 milliards d'actifs dans l'immobilier. Cet homme d'affaires a commencé avec sa femme par exploiter des magasins de prêt-à-porter multimarques et en franchise. Il possède dorénavant le Trianon Palace à Versailles, le Waldorf Astoria de Jérusalem ainsi que le Grand Hôtel de Bordeaux. Il a repris en février le fonds et les murs de 22 Galeries Lafayette de province.

Ce dernier serait également intéressé par Toys R Us France. Il souhaiterait fédérer les deux chaînes sous la bannière de La Grance Récré et les gérer depuis le siège du holding de cette dernière (Ludendo). Il pourrait même installer des corners de jouets dans ses Galeries Lafayette.  Il est le seul à vouloir reprendre les deux entités.

Quant à Pierre Mestre, le fondateur du groupe de puériculture Orchestra aurait lui aussi déposé un projet de reprise de Toys’R’Us qui consisterait à ajouter des rayons de puériculture dans les grandes surfaces de jouets. La saisonnalité des ventes serait rompue et le trafic des magasins dopé. Notons qu’Orchestra connaît lui-même quelques difficultés financières. Son offre n'aboutira que si le juge estime que ce projet peut sauver les deux sociétés.

Le plan de Michel Ohayon semble être le plus abouti. Toutefois, un problème se pose : Toys R Us et La Grande Récré représentent 18 % du marché français du jouet et risque d’écraser leurs concurrents. Toutefois, l'une étant installée en périphérie et l'autre en centre-ville, l'Autorité de la concurrence ne soulignerait probablement que quelques zones litigieuses.

Affaire à suivre dans les prochains jours donc…

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